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"Claudius Néron, désirant que l'armée d'Hasdrubal fût détruite avant que celui-ci pût opérer sa jonction avec son frère Hannibal, se hâta d'aller se réunir à son collègue Livius Salinator, qui était opposé à Hasdrubal, et dans les forces duquel il n'avait pas assez de confiance; mais, afin de cacher son départ à Hannibal, qu'il avait lui-même en tête, il prit dix mille hommes d'élite, et ordonna aux lieutenants qu'il laissait d'établir les mêmes postes et les mêmes gardes, d'allumer autant de feux, et de donner au camp la même physionomie que de coutume, de peur qu'Hannibal, concevant des soupçons, ne fit quelque tentative contre le peu de troupes qui restaient. Ensuite, étant arrivé par des chemins détournés en Ombrie, près de son collègue, il défendit d'étendre le camp, pour ne donner aucun indice de son arrivée au général carthaginois, qui eût évité le combat, s'il se fût aperçu de la réunion des consuls. Ses forces ayant donc été doublées à l'insu d'Hasdrubal, il attaqua celui-ci, le défit, et, plus prompt qu'aucun courrier, revint en présence d'Hannibal. Ainsi, des deux généraux les plus rusés de Carthage, le même stratagème trompa l'un et anéantit l'autre."
Commentaire d’Oriane (feutre rouge) : la stratégie militaire n’est pas une science excate, c’est du moins ce que m’a prouvé le Général qui excellait dans l’art de surprendre ses ennemis en utilisant des stratagèmes à contre-emploi. Sa disparition est peut-être un de ses plus réussis.
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